Aller au contenu

Comment donner à boire à son octodon ? Biberon ou gamelle d’eau ?

Octodon vu de face, le museau contre l’embout métallique d’un biberon derrière les barreaux.
Octodon degus qui boit – Photo par Déborah

La mise à disposition d’eau en permanence est indispensable pour la santé de l’Octodon degus. Une des questions qui se pose le plus lorsqu’il s’agit de l’aménagement de la cage est le choix du contenant de l’eau : gamelle ou biberon. La gamelle est souvent préférée, l’argumentaire avancé étant le côté dit « naturel » de cet accessoire, à l’opposé du biberon, qui ne le serait pas. Cependant, les deux solutions conviennent pour l’octodon au quotidien.

L’octodon, un animal adapté à la sécheresse

L’octodon vit notamment dans des milieux du Chili aux étés secs et aux hivers plus humides. Une étude de terrain mesurait un flux hydrique entrant moyen de 10,3 ± 2,3 ml par jour en été et 40,4 ± 9,1 ml en hiver. Il s’agit de l’ensemble de l’eau entrant dans l’organisme, y compris celle des aliments, et non du volume bu à une gamelle ou un biberon. La même étude trouvait des urines plus concentrées et une expression rénale d’aquaporine-2 plus importante en été. Ces protéines participent au transport de l’eau à travers les membranes cellulaires.

L’humidité des végétaux, dont les feuilles de Vachellia caven, contribue aux apports. Une expérience publiée en 1988 rapportait 13,4 jours de survie lors d’une privation d’eau dans ses conditions expérimentales. Ce constat physiologique historique ne constitue ni une durée de privation sûre ni une recommandation d’élevage : les octodons de compagnie doivent toujours disposer d’eau potable.

Petit octodon près d’une tasse miniature, avec un verre de bière au premier plan.
Octodon degus prenant une pause le vendredi – Photo par Jonas Šileika
(Ne pas donner d’alcool à vos octodons !)

Quel abreuvoir pour l’octodon ?

La thèse de Hommel cite une consommation moyenne de 23 ml d’eau de boisson par animal et par jour dans une colonie de laboratoire. Il ne s’agit pas d’une ration fixe ou d’une limite pour chaque octodon : alimentation, température, santé et individu modifient les besoins. Une étude menée sur six octodons trouvait des préférences individuelles variables entre gamelle et biberon ; les deux systèmes pouvaient couvrir leurs besoins. Gardez le dispositif familier lorsque vous en introduisez un autre, et observez l’animal.

La gamelle d’eau

Une gamelle peut convenir. Le caractère « naturel » attribué à un récipient ne suffit pas à établir sa supériorité. Elle doit respecter plusieurs critères :

  • Un bord fin, pour empêcher que l’octodon ait du mal à atteindre l’eau;
  • Une bonne fixation (ou un poids important), pour éviter qu’elle se renverse;
  • Un entretien quotidien : la gamelle d’eau a tendance à être souillée et l’eau y est souvent plus sale. Il est indispensable de la nettoyer chaque jour et d’en remplacer le contenu;
  • Une matière résistante, le plastique est à écarter pour permettre un meilleur entretien.
  • De plus, la gamelle d’eau est à exclure lors de portées, notamment pour éviter les risques de noyade. Elle peut être mise à disposition quand les octodons sont assez grands pour pouvoir l’escalader s’ils venaient à y tomber.

Placez-la pour limiter les souillures, remplacez l’eau dès qu’elle est sale, et lavez-la chaque jour à l’eau et au savon avec une brosse si nécessaire. Rincez soigneusement. Une désinfection par la chaleur n’est possible que si le matériau la supporte sans danger.

Cas spécifiques

Une gamelle basse peut être plus accessible à un animal ayant des difficultés de déplacement ou certains problèmes médicaux. Le vétérinaire peut conseiller de proposer les deux systèmes, notamment lorsqu’il faut surveiller l’hydratation. Une maladie rénale demande une prise en charge individuelle : le récipient ne constitue pas un traitement. Vérifiez la profondeur et la stabilité de toute gamelle, particulièrement en présence de petits.

Octodon dressé contre les barreaux pour atteindre l’embout d’un biberon.
Octodon degus qui boit à un biberon – Photo par Déborah

Le biberon

Un biberon limite souvent les souillures par la litière, mais il peut fuir, se vider ou se bloquer. Vérifiez le niveau d’eau et l’écoulement chaque jour. Nettoyez régulièrement le réservoir, le tube et le mécanisme avec le matériel adapté. Les résultats obtenus chez le porcelet ne prouvent pas une supériorité universelle du biberon chez l’octodon. Il doit remplir plusieurs critères :

  • Une bonne qualité : pour éviter les fuites.
  • Un bon écoulement de l’eau : l’octodon ne doit pas fournir un grand effort pour boire.
  • Facilement nettoyable : si possible démontable ou accessible pour laver son « bec ».
  • Une attache adaptée : solide et résistante.
  • Une position idéale : l’octodon ne doit pas avoir à « se tordre » pour boire

Pour choisir un biberon qui tient dans le temps, nous vous conseillons de regarder les commentaires en ligne. Cependant, notez que nous utilisons le biberon Zolux avec l’ouverture par bouchon depuis des années sans le moindre souci.

Comparaison

CritèreBiberonGamelle
Protection contre la litièreSouvent facilitée si bien installéPlacement et contrôles fréquents nécessaires
Apport en eauPeut couvrir les besoins ; vérifier le débitPeut couvrir les besoins ; observer la préférence individuelle
Matériau et résistanceDépendent du modèle et du mécanismeCéramique ou métal adaptés peuvent être robustes
NettoyageTube et mécanisme à surveillerGénéralement facile à inspecter et brosser
Caractère « naturel »Pas un critère suffisant de bien-êtrePas un critère suffisant de bien-être
Adaptation à l’octodonOui si propre, fonctionnel et accessibleOui si propre, stable et sûre

Le choix dépend de l’animal et de l’entretien possible. Les résultats d’une étude sur des brebis ne permettent pas de classer le volume bu chez les octodons. Proposer deux systèmes peut fournir une solution de secours ; aucun n’est dépourvu de risques s’il est sale, vide ou défectueux. Un changement soudain de consommation ou une difficulté à boire doivent être examinés.

Sources

Hagen, K., Clauss, M., & Hatt, J.-M. (2014). Drinking preferences in chinchillas (Chinchilla laniger), degus (Octodon degu) and guinea pigs (Cavia porcellus). Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition, 98(5), 942–947. https://doi.org/10.1111/jpn.12164

Bozinovic, F., Gallardo, P. A., Visser, G. H., & Cortés, A. (2003). Seasonal acclimatization in water flux rate, urine osmolality and kidney water channels in free-living degus: molecular mechanisms, physiological processes and ecological implications. Journal of Experimental Biology, 206(17), 2959–2966. https://doi.org/10.1242/jeb.00509

Cortés, A., Zuleta, C., & Rosenmann, M. (1988). Comparative water economy of sympatric rodents in a Chilean semi-arid habitat. Comparative Biochemistry and Physiology Part A: Comparative Physiology, 91(4), 711–714. https://doi.org/10.1016/0300-9629(88)90954-1

Hommel, D. (2012). Untersuchungen an Degus (Octodon degus) zur Futter- und Wasseraufnahme sowie zur Verdaulichkeit von Nährstoffen bei Angebot unterschiedlicher Futtermittel. Thèse de doctorat, École supérieure de médecine vétérinaire de Hanovre, p. 11, 21, 30–31. https://api.deutsche-digitale-bibliothek.de/binary/d1b64edc-d762-412d-8058-55fdc5c9f3f8.pdf

Colby, L. A., Rush, H. G., Mahoney, M. M., & Lee, T. M. (2012). Degu. In The Laboratory Rabbit, Guinea Pig, Hamster, and Other Rodents, pp. 1031–1053. Academic Press. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780123809209000444

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.