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Covid 19 & Octodon degus

Article initialement publié en 2022. Les événements, chiffres et anciennes consignes doivent être lus dans leur contexte historique. Les éléments scientifiques concernant les octodons ont été actualisés ci-dessous.

La pandémie est maintenant inscrite dans notre quotidien et nous apprenons, tant bien que mal, à vivre avec. Mais le virus du Covid-19 a-t-il des conséquences pour nos animaux, peut-il être transmis à l’octodon ? Il s’agit d’une question que l’on peut se poser, surtout avec un test positif à la maladie.

Coronavirus, Covid-19 & variants

Particules de SARS-CoV-2 en jaune émergeant de cellules cultivées en laboratoire, image NIAID-RML.
Coronavirus SARS-CoV-2 isolé d’un patient aux États-Unis (en jaune, vu au microscope électronique à balayage, émergeant de la surface des cellules cultivées en laboratoire). Crédit : NIAID-RML – Wikipedia Commons

La Covid-19 est une maladie infectieuse liée au virus nommé SARS-CoV-2. Il s’agit d’un virus appartenant au genre Betacoronavirus, regroupant une quinzaine d’espèces. Ce groupe de virus infecte notamment les mammifères comme les chauves-souris, mais aussi les chameaux, dromadaires, ou les animaux de « bétail », comme les lapins, les cochons, les chevaux et les vaches, et enfin les humains. D’autres espèces infectées ont également été observées, comme les chiens et chats. Le Covid-19 est considéré comme une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible des animaux à l’homme. On a identifié chez l’humain plusieurs souches de bétacoronavirus, comme le SARS-CoV, SARS-CoV-2 (la maladie du Covid 19), ou le MERS-Cov. Ces maladies infectieuses présentent notamment des symptômes respiratoires, qui peuvent se révéler mortels.

La maladie du Covid-19 est apparue en Asie, plus précisément dans la ville de Wuhan, en Chine. Si des coronavirus apparentés sont présents chez des chauves-souris, sans que cela prouve la circulation préalable du virus pandémique inchangé dans une colonie déterminée, son passage vers l’humain reste flou. Plusieurs hypothèses sont à ce jour explorées, de la transmission directe entre humains et chauves-souris, au passage par un hôte intermédiaire (à l’époque, on évoquait beaucoup le pangolin), ou encore d’un laboratoire. Cependant, à ce jour, il n’est pas possible de déterminer avec précision l’origine de la maladie. 
La maladie s’est rapidement propagée au reste du monde, devenant donc une pandémie. Ainsi, elle se classe au même titre que le Sida, la grippe espagnole, les pandémies de peste ou le choléra. 

Deux octodons serrés l’un contre l’autre, leurs museaux en contact.
Octodons degus ne respectant pas les gestes barrières – Photo par Débo Râ

Le virus responsable de la Covid-19 mute très vite, c’est-à-dire qu’il change au niveau de ses gènes. Si l’une de ces mutations donne une version assez similaire au virus pour qu’on puisse le considérer toujours de la même espèce, alors on peut parler de variant. Ces variations sont bien souvent inoffensives, mais elles peuvent changer la manière dont le virus se répand (plus contagieux) ou infecte (plus virulent). Plus le virus circule d’hôte en hôte, plus les variants sont susceptibles d’apparaître. Il est donc indispensable de réussir à réguler la circulation globale du virus.

Le SARS-CoV-2 est un virus qui se transmet par aérosol, c’est-à-dire via la présence de microgouttelettes dans l’air, par les postillons ou les gouttelettes répandues en toussant. C’est pourquoi il est indispensable de se moucher correctement, de tousser dans son coude ou dans un mouchoir et de se laver les mains régulièrement. 

Pour en savoir plus sur le Covid-19, nous vous proposons une sélection de ressources utiles :

Limiter la propagation du virus

À ce jour, il existe plusieurs possibilités permettant de limiter la propagation du virus : 

  • La vaccination (ARN messager, vecteur viral non réplicatif ou à virus inactivé);
  • Les gestes barrières;
  • Le traitement antiviral humain Paxlovid®, réservé aux situations évaluées par un professionnel de santé et qui ne remplace pas la prévention de la transmission.

Des recherches scientifiques sont encore en cours dans l’espoir de trouver une solution pour éradiquer totalement le virus, ou du moins, stopper la pandémie.

Gestes barrières préconisés par Santé publique France : l’illustration historique n’est plus disponible. Consultez le document officiel de la campagne du 26 octobre 2021.

Le Covid-19 et les animaux

Si le SARS-CoV-2 a déclenché une pandémie chez l’être humain, on sait à ce jour que ce ne sont pas les seuls êtres vivants à être contaminés par le coronavirus. En effet, de nombreux animaux peuvent être touchés. Tout d’abord les chauves-souris, source potentielle de l’épidémie, bien que cela ne soit pas encore bien défini. Cependant, d’autres animaux proches de l’homme ont été infectés, comme les chats, chiens, le bétail, les lapins. Mais l’on a pu retrouver des animaux sauvages malades, comme le cerf de Virginie ou le campagnol roussâtre. La liste des espèces pouvant être un réservoir potentiel du virus est plutôt courte à ce jour, mais il n’est pas impossible que d’autres animaux puissent contracter le Covid-19. Les animaux de compagnie sont aussi touchés, notamment les chats qui sont plus sensibles que les chiens. Mais l’on trouve également des contaminations chez les lapins, les hamsters, souris, furets et rats.

Un chien portant un masque de protection.
Les masques de protection pour les chiens devaient à l’origine les protéger de la pollution, utilisés contre le Coronavirus. Leur utilisation n’est actuellement pas utile. Photo : HuffPost

La contamination des animaux par l’homme pose de nombreuses problématiques, notamment car il est possible que la pandémie ne puisse être endiguée si des populations d’animaux « réservoir » contaminent régulièrement l’être humain. Pour le moment, il n’est pas possible de déterminer si ce scénario peut se réaliser ou non, mais les conséquences pourraient alors être dramatiques. Les contaminations les plus dangereuses restent envers les animaux sauvages, dont les populations et le confinement ne peuvent être mis en place. De plus, le coronavirus mutant très rapidement, il pourrait devenir plus dangereux pour l’homme s’il s’avère que la contamination est possible.

Plusieurs octodons de tailles différentes sont blottis ensemble dans un hamac.
Jeunes octodons en compagnie d’adultes lors d’une phase de repos – Brianna Laude

Deux événements historiques sont présentés ici : les investigations danoises de 2020 sur les visons et celles de Hong Kong en janvier 2022 sur un foyer associé à une animalerie vendant des hamsters, le premier en 2020, dans un élevage de vison, le virus ayant été propagé aux visons par des employés contaminés, puis aurait contaminé l’élevage avant de recontaminer l’homme. Début 2022, c’est une potentielle contamination du hamster vers l’homme qui a poussé Hong-kong à abattre des hamsters dans le cadre d’un foyer associé au commerce d’animaux, et non simplement un élevage unique. Il convient cependant de prendre un certain recul envers ces données, où les recherches sont encore en cours.

Enfin, il est important de souligner également l’effet néfaste observé depuis la pandémie : la hausse des abandons. D’après le président de la SPA, dans le reportage publié le 18 janvier 2022, une hausse des abandons par rapport à 2019 était rapportée, avec notamment 56% d’abandons en plus chez les nouveaux animaux de compagnie, dont fait partie l’octodon. À ce jour, ni l’OMS, ni l’ANSES ne prononcent un risque accru d’avoir des animaux de compagnie pendant la pandémie.

Covid 19 & Octodon degus

L’étude bioinformatique de Sun et al. (2022) compare notamment des caractéristiques liées à ACE2 et des structures prédites, y compris chez l’octodon et pour les formes Wuhan et Delta. Elle produit des hypothèses, sans démontrer une infection, une maladie clinique ou une transmission chez un animal vivant.

Li et al. (2023) ont ensuite observé une transduction modérée de cultures cellulaires de cœur, poumon et rein d’octodon par un pseudovirus portant la protéine Spike du SARS-CoV-2. Il s’agit d’une expérience d’entrée cellulaire, pas d’une démonstration d’infection naturelle, de réplication complète du virus chez un octodon de compagnie ou de transmission à l’humain. Les études examinées n’établissent donc pas l’octodon comme réservoir naturel pour l’humain ; elles ne prouvent pas non plus un risque nul.

Sources

World Health Organization (s. d.). Coronavirus disease (COVID-19). Informations officielles de santé publique. https://www.who.int/health-topics/coronavirus

World Health Organization, Scientific Advisory Group for the Origins of Novel Pathogens (2025). Independent assessment of the origins of SARS-CoV-2. Rapport publié le 27 juin 2025. https://www.who.int/publications/m/item/independent-assessment-of-the-origins-of-sars-cov-2-from-the-scientific-advisory-group-for-the-origins-of-novel-pathogens

Centers for Disease Control and Prevention (s. d.). What You Should Know about COVID-19 and Pets. Informations officielles sur les contacts avec les animaux. https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/animals/pets.html

Dileepan, M., et al. (2021). Seroprevalence of SARS-CoV-2 (COVID-19) exposure in pet cats and dogs in Minnesota, USA. Virulence, 12(1), 1597–1609. https://doi.org/10.1080/21505594.2021.1936433

Hammer, A. S., et al. (2021). SARS-CoV-2 Transmission between Mink (Neovison vison) and Humans, Denmark. Emerging Infectious Diseases, 27(2), 547–551. https://doi.org/10.3201/eid2702.203794

Yen, H.-L., et al. (2022). Transmission of SARS-CoV-2 delta variant (AY.127) from pet hamsters to humans, leading to onward human-to-human transmission: a case study. The Lancet, 399(10329), 1070–1078. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(22)00326-9

Sun, H., et al. (2022). Systematic Tracing of Susceptible Animals to SARS-CoV-2 by a Bioinformatics Framework. Frontiers in Microbiology, 13, 781770. https://doi.org/10.3389/fmicb.2022.781770

Li, M., et al. (2023). Comparative susceptibility of SARS-CoV-2, SARS-CoV, and MERS-CoV across mammals. The ISME Journal, 17(4), 549–560. https://doi.org/10.1038/s41396-023-01368-2

Salle, L., & Faure, M. (2022). SPA : pourquoi le Covid a entraîné une hausse des abandons des animaux de compagnie. Europe 1, 18 janvier 2022 ; entretien avec le président de la SPA. https://www.europe1.fr/societe/les-centres-de-la-spa-en-etat-de-saturation-face-a-la-recrudescence-des-abandons-4088466

Santé publique France (2021). Contre le Covid-19, la grippe et les virus de l’hiver, gardons le réflexe des gestes barrières. Communiqué du 26 octobre 2021. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/contre-le-covid-19-la-grippe-et-les-virus-de-lhiver-gardons-le-reflexe-des-gestes-barrieres

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