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Octodontidae : famille, caractéristiques et espèces du genre « octodon »

Les octodons appartiennent aux Octodontidae, rongeurs sud-américains du Chili, d’Argentine et de Bolivie. L’ancien signalement péruvien est considéré douteux et ne démontre pas une répartition sauvage au Pérou. Selon la MDD consultée le 20 octobre 2026, la famille comprend huit genres et 17 espèces, dont Octomys rosiae éteinte et 16 espèces vivantes. Le nouveau genre et la nouvelle espèce Apnoctomys conicetorum a été décrit en juin 2026. Octodon ricardojeda est une espèce formellement nommée, décrite en ligne en décembre 2020 dans un article du volume 2021 ; le genre Octodon compte cinq espèces nommées.

Illustration de deux octodons face à face dans une végétation herbacée.
Illustration par Valonia Art

Octodontidae : famille et taxonomie

Taxonomie détaillée

RègneAnimalia
EmbranchementChordata
ClasseMammalia
OrdreRodentia (rongeurs)
Sous-ordreHystricomorpha
Infra-ordreHystricognathi
FamilleOctodontidae
Genres (8)Aconaemys, Apnoctomys, Octodon, Octodontomys, Octomys, Pipanacoctomys, Spalacopus, Tympanoctomys
Espèces (liste actuelle)Aconaemys fuscus, Aconaemys porteri, Aconaemys sagei, Octodon degus, Octodon bridgesii, Octodon lunatus, Octodon pacificus, Octodon ricardojeda, Apnoctomys conicetorum, Octodontomys gliroides, Octomys mimax, Pipanacoctomys aureus, Tympanoctomys loschalchalerosorum, Spalacopus cyanus, Tympanoctomys barrerae, Tympanoctomys kirchnerorum, Octomys rosiae (éteinte)
Sous-espèces historiquement citéesSpalacopus cyanus cyanus, Spalacopus cyanus maulinus, Spalacopus cyanus poeppigii

Caractéristiques des Octodontidae

Spalacopus cyanus au pelage noir, vu de profil sur un sol clair.
Spalacopus cyanus

Les octodontidés sont de petits rongeurs ressemblant à des rats ou des souris. Ils mesurent jusqu’à 20 cm de long et pèsent environ 300 g. Leur queue, souvent longue, peut présenter un « plumeau » touffu selon les espèces, dont la peau peut subir une lésion grave lors d’une attaque ; ce n’est pas un détachement anodin du toupet. Leur tête est large, le nez pointu, et les oreilles sont grandes et arrondies. Les vibrisses (moustaches) sont développées et participent à la perception sensorielle. Les pattes sont courtes, avec 4 doigts à l’avant et 5 à l’arrière, avec un cinquième doigt réduit chez le dègue et un ongle plutôt qu’une griffe sur le doigt antérieur réduit. Leur fourrure est dense, soyeuse, avec un sous-poil épais, et des poils plus courts recouvrent la queue. La majorité des espèces arborent des teintes grises ou brunes, avec des flancs et un ventre plus clairs ; seul Spalacopus cyanus est presque entièrement noir.

Octodontomys gliroides au pelage gris et aux grandes oreilles, photographié de profil.
Octodontomys gliroides
Photographie : Alejandra Molina

La famille comprend des formes de surface, fouisseuses et souterraines, avec des degrés de spécialisation variés ; ses membres ne partagent pas tous le même mode de vie. Plusieurs sont d’excellents fouisseurs, vivant dans des terriers. Certains, comme les Aconaemys et Spalacopus, sont plus strictement souterrains. La plupart vivent en colonies et présentent un comportement social complexe, notamment les octodons. Ils sont principalement herbivores et peuvent devenir des « parasites agricoles » dans certaines régions. Les octodontidés sont généralement nocturnes, même si quelques espèces sont diurnes.

Présentation des genres et espèces

Habitat

La famille des Octodontidae regroupe 8 genres de rongeurs herbivores aux comportements variés. Présents en Amérique du Sud, certains cohabitent dans les mêmes zones géographiques. L’Octomys (Thomas, 1920) est un rongeur de surface, tandis que les Octodontomys (Palmer, 1903), Octodon (Bennett, 1832) et Tympanoctomys (Yepes, 1942) sont fouisseurs. L’Aconaemys (Ameghino, 1891) est semi-souterrain et le Spalacopus (Wagler, 1832) est principalement souterrain.

Répartition géographique

Les Octomys et Tympanoctomys vivent dans les zones arides et semi-arides du centre-ouest de l’Argentine. Spalacopus est endémique des maquis du centre du Chili. Octodon et Aconaemys occupent les prairies et forêts du sud-ouest de l’Argentine et du centre-sud du Chili. Octodontomys se rencontre dans les zones ouvertes du nord-ouest de l’Argentine, du sud-ouest de la Bolivie et du nord du Chili.

Origine et évolution des Octodontidae

Les décomptes historiques ne sont pas ceux de la liste actuelle. La MDD conserve Pipanacoctomys, place l’ancien Salinoctomys dans Tympanoctomys et intègre Apnoctomys ; Octomys inclut une espèce éteinte. Les trois sous-espèces historiques de Spalacopus du tableau ne sont pas un inventaire complet des sous-espèces de la famille. La diversification des Octodontidae s’est produite à la fin du Miocène, il y a environ 8,8 millions d’années, pendant le Tortonien.

Arbre phylogénétique des Hystricomorphes sur une échelle de temps géologique.
Échelle de temps pour l’évolution des Hystricomorpha.

Le genre Octodon

Étymologie

Aussi appelé dègue, et désigné sous le nom de « degu » en anglais, l’octodon tire son nom de la forme en « 8 » de ses prémolaires et molaires. Le terme Octodon vient du grec : « okto » (huit) et « odous, odontos » (dent).

Taxonomie du genre Octodon

RègneAnimalia
EmbranchementChordata
ClasseMammalia
OrdreRodentia (rongeurs)
Sous-ordreHystricomorpha
Infra-ordreHystricognathi
FamilleOctodontidae
GenreOctodon
EspècesOctodon degus, Octodon bridgesii, Octodon lunatus, Octodon pacificus, Octodon ricardojeda
Planche comparant les molaires supérieures et inférieures de cinq espèces ou populations d’Octodon.
Molaires supérieures droites (en haut) et inférieures gauches (en bas) de : O. ricardojeda (A) ; O. pacificus (B) ; O. degus (C) ; O. lunatus (D) ; O. « bridgesii » côtier (E).

Historique des espèces d’Octodon

La première espèce d’Octodontidae décrite fut O. degus, collectée à Santiago, Chili, par Molina en 1782. Elle possède plusieurs synonymes : Octodon clivorum (Thomas, 1927), Octodon cumingii (Bennett, 1832), O. getulinus (Poeppig, 1829), Octodon pallidus (Wagner, 1845) et Octodon peruana (Tschudi, 1845). Le traitement monotypique historique a été révisé en 2021 par Cadenillas et D’Elía : néotype, distinction de morphotypes nord et sud et description d’une sous-espèce septentrionale. Il est donc dépassé d’affirmer qu’aucune sous-espèce n’est reconnue, même si deux sous-espèces ont été décrites : Octodon degus degus et Octodon degus clivorum.
L’Octodon bridgesi a été décrit par Waterhouse en 1844, avec une localité type à Río Teno, Colchagua, définie par Thomas en 1927. Octodon lunatus a été décrit en 1943 par Osgood, puis remis en question dans les années 1980. Toutefois, des travaux chromosomiques et moléculaires soutiennent la distinction entre lunatus et bridgesi. Enfin, Octodon pacificus a été décrit en 1994 par Hutterer, vivant uniquement sur l’île Mocha.

Distribution et diversité des octodons

Depuis la fin du XXe siècle, l’octodon n’est plus considéré comme strictement endémique du Chili. L’ancien signalement au Pérou est considéré probablement erroné dans la référence sud-américaine de 2015 ; il ne confirme pas une présence sauvage actuelle au Pérou. Des études archéologiques et faunistiques concernent surtout l’Argentine. Des populations vivantes et des traces indirectes confirment la présence d’O. bridgesi en Argentine. Il est désormais reconnu que des populations vivent au nord du Neuquén, en Argentine.
Des analyses génétiques ont révélé qu’Octodon pacificus est distinct d’O. bridgesi, bien que leurs gènes soient très similaires.

Rongeur au pelage gris sombre posé sur une main gantée.
Octodon ricardojeda supposé, nouvelle espèce découverte en 2020

Vers une révision de la taxonomie ?

Octodon lunatus au pelage brun, vu de face sur une branche devant un fond sombre.
Octodon lunatus – Photo Yamil Hussein E.

Avec la découverte récente d’Octodon ricardojeda, et de nombreuses études récentes, il apparaît nécessaire de poursuivre les recherches sur la taxonomie des octodons. Même en excluant O. ricardojeda, il est probable qu’Octodon bridgesi regroupe plusieurs espèces cryptiques. Certaines populations côtières d’O. bridgesi présentent des différences génétiques et morphologiques notables. Ces populations ne peuvent être assignées à O. lunatus, leur espèce sœur, car elles sont distinctes génétiquement et chromosomiquement.

Des études approfondies, intégrant les variations morphologiques et génétiques intra- et interpopulations, sont nécessaires pour clarifier la classification des espèces du genre Octodon. Il est probable que d’autres espèces restent à découvrir au sein de cette famille.

Sources

Mammal Diversity Database / American Society of Mammalogists (2026). Octodontidae. Liste taxonomique actuelle, consultée le 20 octobre 2026. https://www.mammaldiversity.org/family/octodontidae/

D’Elía, G., Teta, P., Verzi, D. H., Cadenillas, R., & Patton, J. L. (2021). A new living species of degu, genus Octodon (Hystricomorpha: Octodontidae). Journal of Mammalogy, 102(1), 139–154; première publication en ligne le 10 décembre 2020. https://doi.org/10.1093/jmammal/gyaa143

Cadenillas, R., & D’Elía, G. (2021). The number of species of degus (genus Octodon) is currently underestimated: An appraisal of species limits and their phylogenetic relationships (Rodentia: Hystricomorpha: Octodontidae). Molecular Phylogenetics and Evolution, 159, 107111. https://doi.org/10.1016/j.ympev.2021.107111

Cadenillas, R., & D’Elía, G. (2021). Taxonomic revision of the populations assigned to Octodon degus (Hystricomorpha: Octodontidae): With the designation of a neotype for Sciurus degus G. I. Molina, 1782 and the description of a new subspecies. Zoologischer Anzeiger, 292, 14–28. https://doi.org/10.1016/j.jcz.2021.02.008

Suárez-Villota, E. Y., et al. (2016). Filling phylogenetic gaps and the biogeographic relationships of the Octodontidae (Mammalia: Hystricognathi). Molecular Phylogenetics and Evolution, 105, 96–101. https://doi.org/10.1016/j.ympev.2016.08.015

Voloch, C. M., Vilela, J. F., Loss-Oliveira, L., & Schrago, C. G. (2013). Phylogeny and chronology of the major lineages of New World hystricognath rodents: Insights on the biogeography of the Eocene/Oligocene arrival of mammals in South America. BMC Research Notes, 6, 160. https://doi.org/10.1186/1756-0500-6-160

Upham, N. S., & Patterson, B. D. (2015). Evolution of caviomorph rodents: A complete phylogeny and timetree for living genera. In Biology of Caviomorph Rodents: Diversity and Evolution, pp. 63–120. SAREM. https://n8u.org/pubs/

Patton, J. L., Pardiñas, U. F. J., & D’Elía, G. (eds.) (2015). Mammals of South America, Volume 2: Rodents. University of Chicago Press; référence taxonomique historique. https://www.biodiversidad.gob.ec/wp-content/uploads/downloads/2019/08/Patton_2015.pdf

Woods, C. A., & Boraker, D. K. (1975). Octodon degus. Mammalian Species, 67, 1–5. https://doi.org/10.2307/3503820

Hutterer, R. (1994). Island rodents: A new species of Octodon from Isla Mocha, Chile (Mammalia: Octodontidae). Zeitschrift für Säugetierkunde, 59, 27–41. https://www.zobodat.at/pdf/Zeitschrift-Saeugetierkunde_59_0027-0041.pdf

Teta, P., et al. (2026). A new genus and species of octodontid rodent from the hilly Chaco of central Argentina (Rodentia: Octodontidae). Vertebrate Zoology, 76, 361–380. https://doi.org/10.3897/vz.76.e187462

Verzi, D. H., et al. (2024). A new extinct desert rodent from the Holocene of South America and its bearing on the diversity of Octodontidae (Hystricognathi). Journal of Mammalogy, 105(1), 59–72; première publication en ligne le 15 décembre 2023. https://doi.org/10.1093/jmammal/gyad106

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