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Diabète & Cataracte chez l’octodon

Seul un vétérinaire connaissant l'Octodon degus est à même de poser un diagnostic et de proposer des traitements adaptés. Attention à ne pas autodiagnostiquer ses animaux, cela peut conduire à une aggravation de l'état de santé.

L’octodon est-il naturellement diabétique? C’est une phrase que l’on peut lire très facilement sur internet, et pourtant elle est totalement fausse. Non, l’octodon n’est pas naturellement diabétique. Par contre, il a des prédispositions à développer un diabète, mais également de la cataracte. Bien souvent, les symptômes du diabète de l’octodon sont également confondus avec deux autres types de pathologies qui le touchent : l’hyperinsulinémie et l’hyperglycémie.

Prédisposition et métabolisme de la glycémie de l’octodon

L’Octodon degus a un métabolisme de régulation de la glycémie, c’est-à-dire le maintien d’un taux idéal de glucose (le sucre) dans le sang. L’octodon présente une activité de l’hormone d’insuline, qui « régule » le taux de glucose dans le sang plus faible que la moyenne des mammifères. Les rongeurs du sous-ordre des Hystricomorphes, qui comprend les octodons, mais aussi les chinchillas et les cochons d’Inde présentent un métabolisme particulier. Cela implique une différence dans la manière dont l’insuline fonctionne chez ces espèces et donc leur capacité à absorber le glucose. L’étude d’Opazo et collaborateurs a trouvé des glycémies à jeun et une tolérance au glucose dans la plage attendue pour les mammifères chez les caviomorphes examinés, dont le degu. Des mécanismes compensateurs doivent donc être considérés ; les propriétés particulières de l’insuline ne signifient pas qu’un animal sain soit diabétique. Le degu présente néanmoins une susceptibilité reconnue au diabète et aux cataractes.

Le rôle de l’alimentation

Octodon tenant une tige de pissenlit dans un enclos installé sur l’herbe.
Tipi qui mange un pissenlit dans l’herbe

L’alimentation est un point clé dans le développement de pathologies comme le diabète et la cataracte chez l’octodon. L’octodon est particulièrement sensible aux carbohydrates (sucres, amidons), qui peuvent être à l’origine de ces maladies. Cependant, d’autres facteurs sont à prendre en compte, comme l’âge de l’octodon, sa condition, sa génétique, etc. Pour limiter les risques liés au diabète et aux cataractes, il convient de proposer une alimentation adaptée : riche en fibres, pauvre en sucres. Pour cela, les friandises doivent être limitées et certains aliments bannis, comme les fruits et friandises sucrées ; les légumes ne forment pas une catégorie uniformément interdite, et des feuillages adaptés peuvent faire partie de la ration. Avec une alimentation mesurée, un accès au foin illimité, l’octodon a beaucoup moins de risques de développer des cataractes ou du diabète. Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter notre section Alimentation et l’article : Comment bien nourrir son octodon.

Pathologies liées à la régulation de la glycémie chez l’Octodon degus

Cataracte

La cataracte est une opacification du cristallin à l’intérieur de l’œil, qui peut réduire la vision jusqu’à la cécité. Elle ne prouve pas à elle seule un diabète : des causes congénitales, liées à l’âge ou autres existent. Dans la série clinique de 300 patients citée, elle concernait environ 13,3% des animaux ; ce chiffre ne représente pas la prévalence dans toute la population. Un octodon malvoyant peut s’adapter à une cage sécurisée, aux ressources accessibles et au décor familier, mais l’absence de répercussion sur la qualité de vie ne peut pas être garantie ; un examen vétérinaire est nécessaire.

Gros plan du visage d’un octodon agouti.
O. degus avec une légère cataracte – Photo par Adrien Chaud

Hyperinsulinémie

L’hyperinsulinémie est une concentration sanguine élevée d’insuline. Elle doit être distinguée du diabète et de l’hyperglycémie, en tenant compte des adaptations physiologiques de cette espèce. Un régime riche en glucides peut perturber la régulation du glucose, mais la succession « excès d’insuline, cataracte puis destruction du pancréas » n’est pas établie comme règle générale. Baisse d’activité, prise de poids et cataracte ne suffisent pas au diagnostic.

Hyperglycémie

L’hyperglycémie est une concentration sanguine élevée de glucose. L’alimentation peut contribuer, mais le stress, une maladie et les conditions du prélèvement doivent aussi être pris en compte. Elle peut être transitoire ; si elle persiste, une évaluation vétérinaire est nécessaire. On ne peut pas présumer qu’un simple changement alimentaire suffit parce que le pancréas serait intact.

Baisse d’activité, faiblesse ou difficultés à se déplacer, soif accrue, urines abondantes et cataractes peuvent alerter mais ne sont pas spécifiques. Le vétérinaire interprète les examens répétés et décide du traitement.

Octodon gris portant une zone de poils blancs sur le dos, soutenu dans une main.
Octodon degus atteint d’une légère cataracte

Diabète

Le diabète sucré correspond à une régulation durablement altérée du glucose, associée à une sécrétion insuffisante d’insuline, une action insuffisante, ou les deux. C’est le glucose, et non l’ensemble des glucides, qui devient anormalement élevé dans le sang. Cataracte, stéatose hépatique et autres perturbations métaboliques peuvent être associées. L’amyloïdose des îlots pancréatiques a été décrite ; un ancien cas d’insulite virale ne démontre pas une origine virale habituelle.

Surpoids ou amaigrissement, anorexie, déshydratation, urines abondantes, soif accrue, baisse d’activité et troubles digestifs peuvent survenir sans être diagnostiques. Le vétérinaire confronte une hyperglycémie persistante à l’examen et aux autres analyses. La glycosurie est mesurée dans les urines, pas dans une prise de sang ; l’hypercholestérolémie n’est pas un critère obligatoire. Le chiffre d’environ 4% provient d’une série de patients cliniques et ne représente pas tous les octodons domestiques.

Traitements

Le suivi est individuel : ration riche en fibres et pauvre en sucres, contrôle de l’état corporel, des prises alimentaires et de boisson, du poids et des maladies associées. L’eau doit toujours rester disponible. Une insulinothérapie peut être envisagée par le vétérinaire dans certains cas, avec une surveillance adaptée au risque d’hypoglycémie ; aucune dose ou médicament humain ne doit être administré sans prescription.

Il est inexact d’affirmer qu’aucun suivi au long cours n’est possible ou que l’insuline ne concerne qu’une « crise ». Il n’existe toutefois pas de protocole universel à appliquer soi-même. Les cataractes nécessitent un examen oculaire et des adaptations de l’environnement ; une modification alimentaire ne garantit pas la disparition d’une opacité déjà présente.

Octodon au pelage grisonnant assis sur une surface en bois.
Vieil octodon degus atteint de cataracte

Sources

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Opazo, J. C., Palma, R. E., Melo, F., & Lessa, E. P. (2005). Adaptive evolution of the insulin gene in caviomorph rodents. Molecular Biology and Evolution, 22(5), 1290–1298. https://doi.org/10.1093/molbev/msi117

Edwards, M. S. (2009). Nutrition and behavior of degus (Octodon degus). Veterinary Clinics of North America: Exotic Animal Practice, 12(2), 237–253. https://doi.org/10.1016/j.cvex.2009.01.003

Jekl, V., Hauptman, K., & Knotek, Z. (2011). Diseases in pet degus: a retrospective study in 300 animals. Journal of Small Animal Practice, 52(2), 107–112. https://doi.org/10.1111/j.1748-5827.2010.01028.x

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Nishi, M., & Steiner, D. F. (1990). Cloning of complementary DNAs encoding islet amyloid polypeptide, insulin, and glucagon precursors from a New World rodent, the degu, Octodon degus. Molecular Endocrinology, 4(8), 1192–1198. https://doi.org/10.1210/mend-4-8-1192

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Ardiles, A. O., et al. (2013). Octodon degus (Molina 1782): A model in comparative biology and biomedicine. Cold Spring Harbor Protocols, 2013(4), 312–318. https://doi.org/10.1101/pdb.emo071357

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