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Octodon bridgesi : habitat, comportement et alimentation

Octodon au pelage brun posé sur un poteau en bois, devant un arrière-plan végétalisé.
Octodon bridgesi

L’Octodon bridgesi est une espèce du genre Octodon, appartenant à la famille des Octodontidae. Comme son cousin Octodon degus, il est endémique du Chili 1. Il a été nommé en hommage à Thomas Bridges, l’un des premiers à avoir rapporté des spécimens pour identification 2. Plus lisse et plus musclé que les octodons de compagnie, le dègue de Bridges présente une couleur agouti uniforme, avec des zones plus claires autour du ventre. Il possède la fourrure la plus épaisse de toutes les espèces d’octodons. Cette espèce est classée vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN 3. À ce jour, la documentation sur l’Octodon bridgesi reste très limitée.

Répartition géographique

Deux cartes du Chili comparent la répartition d’espèces d’Octodon pendant l’Holocène et à l’époque indiquée comme le présent.
Répartition géographique des différentes espèces d’octodons au Chili, de l’Holocène à nos jours.

Comme les autres espèces du genre, Octodon bridgesi est endémique du Chili, vivant principalement dans la partie centrale du pays. Son habitat tend à se restreindre en raison de l’activité humaine, notamment la création de parcelles agricoles, qui réduit considérablement son écosystème 4. Les populations d’Argentine, notamment du parc national Lanín, et de certaines régions limitrophes du Chili, autrefois attribuées à cette espèce, ont été décrites en 2020 sous le nom Octodon ricardojeda 8. Au Chili, il est présent dans la région du Maule, une zone agricole et forestière, ainsi que dans les régions du Bío Bío, de Nahuelbuta, d’Araucanía, à travers la cordillère des Andes, et jusqu’à Curicó. Les limites exactes de son aire de répartition restent méconnues, mais il est observé entre le niveau de la mer et 1 200 m d’altitude 3.

Mode de vie de l’Octodon bridgesi

Habitat

Octodon bridgesi utilise des abris naturels ; il n’est pas décrit comme un constructeur habituel de terriers : il construit des nids dans les herbes sèches ou sous les arbustes. Il vit dans des zones boisées, buissonneuses ou clairsemées, en montagne ou dans les vallées andines. Cette espèce s’adapte à de nombreux environnements différents et s’abrite sous le couvert des fourrés pour échapper à ses prédateurs.

Son habitat comprend des plantes telles qu’Aristotelia chilensis, Lithraea caustica, Peumus boldus, Gevuina avellana, Escallonia pulverulenta, Ugni molinae et Teline monspessulana, qui constituent également une part de son alimentation. Dans le bassin du Biobío, il fréquente les forêts de Nothofagus dombeyi (Coigüe), Araucaria araucana (araucaria du Chili), Nothofagus pumilio (lenga), ainsi que les plantations de Pinus radiata et autres terrains sclérophylles. Comme Octodon degus, il préfère les broussailles touffues avec une faible densité d’arbres et des espaces dégagés 5.

Il partage son habitat avec d’autres rongeurs, tels que Octodon degus, le rat-chinchilla (Abrocomidae), Spalacopus cyanus, Aconaemys fuscus et Lagidium viscacia.

Prédation

Comme tout petit rongeur, Octodon bridgesi est une proie facile pour de nombreux oiseaux et mammifères de taille moyenne. Il est notamment chassé par les chouettes effraies, dont il représente 11,1 % des proies au printemps-été et 5,3 % en automne-hiver dans l’étude locale citée par la fiche ministérielle. Parmi ses autres prédateurs figurent la guigna (Leopardus guigna) et le renard de Magellan (Lycalopex culpaeus). Des traces archéologiques suggèrent également que l’homme l’a consommé entre environ 4 460 et 1 520 ans avant le présent.

Avec l’introduction d’espèces invasives, Octodon bridgesi subit la concurrence d’animaux qui détruisent son habitat et épuisent ses ressources naturelles, comme le rat noir (Rattus rattus), le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) ou la chèvre domestique (Capra hircus).

Comportement social et rythme de vie

La plupart des scientifiques s’accordent à dire que l’espèce est nocturne, selon des observations en laboratoire 6 7 et sur le terrain. Il ne faut cependant pas généraliser ce rythme à Octodon lunatus, dont l’activité diurne et nocturne a été observée sur le terrain. Vivant en forêt, il dispose d’un corps agile, grimpe aux arbres et sur les troncs pour se nourrir. Il semble apprécier particulièrement les pins de Monterey (Pinus radiata), qui composent une grande partie de son alimentation 5.

Le dègue de Bridges est un animal social, sans toutefois atteindre les densités de population observées chez Octodon degus 5. Sa densité moyenne est de 8 individus par hectare, variant de 2 à 8 en hiver et en été, et pouvant atteindre 16 à 18 au printemps et à l’automne, pendant la reproduction et l’élevage des jeunes. Les femelles ont un cycle de reproduction similaire à celui des Octodon degus, mais ne donnent naissance qu’à 2 ou 3 petits à la fois.

Sources

Woods, C. A., & Boraker, D. K. (1975). Octodon degus. Mammalian Species, 67, 1–5. https://doi.org/10.2307/3503820

Palma, R. E. (2007). Estado actual de la mastozoología en Chile. Mastozoología Neotropical, 14(1), 5–9. https://mn.sarem.org.ar/article/estado-actual-de-la-mastozoologia-en-chile/

IUCN (s. d.). Octodon bridgesi. The IUCN Red List of Threatened Species. https://www.iucnredlist.org/species/15087/115124772

SAAVEDRA, BÁRBARA & SIMONETTI, JAVIER A (2003). Holocene distribution of Octodontid rodents in central Chile. Revista chilena de historia natural, 76(3), 383–389. https://scielo.conicyt.cl/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0716-078X2003000300004&lng=en&nrm=iso&tlng=en

Ministerio del Medio Ambiente de Chile (2015). Ficha de antecedentes de especie: Octodon bridgesi. 12.º proceso de clasificación de especies. https://clasificacionespecies.mma.gob.cl/wp-content/uploads/2019/10/Octodon_bridgesi_12RCE_FIN.pdf

Ocampo-Garcés, A., et al. (2005). Wheel-running and rest activity pattern interaction in two octodontids (Octodon degus, Octodon bridgesi). Biol Res, 38(2-3), 299-305. https://doi.org/10.4067/s0716-97602005000200019

OCAMPO-GARCÉS, ADRIÁN, et al. (2006). Circadian chronotypes among wild-captured west Andean octodontids. Biological Research, 39(2), 209–220. https://scielo.conicyt.cl/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0716-97602006000200003&lng=en&nrm=iso&tlng=en

D’Elía, G., Teta, P., Verzi, D. H., Cadenillas, R., & Patton, J. L. (2021). A new living species of degu, genus Octodon (Hystricomorpha: Octodontidae). Journal of Mammalogy, 102(1), 139–154. https://doi.org/10.1093/jmammal/gyaa143

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