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Standard d’élevage de l’octodon degus

Ce texte présente un projet de critères de sélection inspiré de Degutopia, pas un standard international reconnu ni un consensus vétérinaire. Ses seuils d’âge, de poids, de portées et ses noms de couleurs sont des propositions, pas des garanties de santé ou des lois biologiques.

L’utilisation de standards pour l’élevage de l’octodon permet la mise en place de lignées saines, en essayant de limiter les problèmes génétiques et tout en conservant l’apparence physique des octodons sauvages. Cet outil est important notamment avec l’émergence de nouvelles couleurs de robes, afin de prévenir la consanguinité et la consolidation de maladies à caractère congénital.

Le site Octodons.fr encourage fortement tous ses lecteurs à préférer l'adoption plutôt que l'achat en animalerie ou chez des éleveurs. Cependant, la mise en place de standards de reproduction permet d'aider à réguler les problèmes de santé et d'éviter des malformations physiques chez l'octodon. Il s'agit d'un outil destiné aux éleveurs. Il convient toutefois de noter que les règles françaises dépendent de l’activité, des effectifs et du statut de détention. Une collection d’agrément sans but commercial et un établissement commercial n’ont pas les mêmes obligations ; consultez la DDPP et Service Public. L’arrêté sur la délivrance simplifiée du certificat ne rend pas celui-ci obligatoire pour chaque naissance chez un particulier.

Le standard d’élevage de l’Octodon degus

Ce standard est inspiré de l’outil mis en place par le site Degutopia, amélioré et enrichi au vu des connaissances actuelles sur l’octodon. 

Génétique

La génétique est l’un des points essentiels du travail d’un « bon » éleveur. Celui-ci doit prendre en compte les antécédents de maladies, tout en évitant la reproduction d’animaux ayant des liens de parenté afin de permettre à l’espèce « d’évoluer » de manière bénéfique.

Octodon assis de profil, les pattes avant repliées contre son ventre.
Octodon degus en gestation

Parenté

De manière générale, il convient de ne pas reproduire ses octodons avec des individus proches, et d’enrichir régulièrement l’élevage avec des lignées extérieures choisies avec soin. L’acquisition de nouvelles descendances permet de maintenir une forte variabilité génétique. Il faut documenter les parentés : un croisement au hasard ou une origine étrangère ne garantit pas l’absence de consanguinité.

Dans tous les cas, l’octodon reproduit ne doit pas être consanguin avec un autre octodon apparenté comme :

  • ses parents,
  • ses grands-parents,
  • ses demi-frères ou demi-sœurs,
  • ses frères ou sœurs,
  • ses oncles et tantes.

Maladies

Afin de limiter l’expansion des maladies à caractère héréditaire, il convient de sortir de la reproduction tout individu comportant le moindre signe d’une maladie potentiellement génétique, pour éviter les facteurs de risque. L’octodon est notamment sensible aux pathologies dentaires, au diabète et à la cataracte. Ainsi tout individu porteur de ces maladies doit être retiré de l’élevage : 

  • pathologies dentaires (tout type),
  • cancer,
  • cataracte / diabète,
  • malformations cardiaques,
  • malformations fonctionnelles,
  • problèmes respiratoires.

De manière générale, il convient de limiter l’élevage aux animaux sains, ne présentant aucun problème de santé. 

Physiologie

Âge

L’octodon mis à la reproduction doit être totalement adulte, selon le projet initial, entre 58 semaines et un an et demi, sans seuil vétérinaire universel démontré. Les animaux trop vieux doivent être retirés de la reproduction, idéalement vers 2 ans voire 2 ans et demi, sans déduire un âge de retraite sûr de la longévité sauvage, influencée notamment par la prédation.

Poids

Le projet initial proposait 200–250 g, tandis que Degutopia indique 220–250 g ; aucune de ces plages ne définit le poids idéal de chaque individu. L’état corporel, le gabarit et l’examen vétérinaire priment. Les octodons avec une surcharge pondérale ou trop maigres ne devraient pas être gardés en tant que reproducteurs.

Portées

Jeune octodon agouti dont la tête dépasse d’un nid de foin.
Bébé octodon degus agouti

Le nombre de portées ne devrait pas excéder 2 à 3 dans la vie de l’octodon, proposition de précaution de ce site, qui ne doit pas être présentée comme une moyenne sauvage universellement démontrée.

Comportement et caractère

Le comportement de l’octodon est un facteur important à prendre en compte lors de l’élevage. Il convient donc de faire attention à chaque individu et de sélectionner des traits de caractère « positifs » :

  • l’octodon doit avoir une conduite alerte et active,
  • le degu doit être curieux, explorer et s’intéresser à son environnement,
  • la relation de l’octodon avec les humains doit être amicale, sans morsure quand le degu est manipulé correctement,
  • le dègue doit être intelligent et simple à éduquer,
  • il doit être « bien codé » vis-à-vis de ses congénères et avoir vécu avec sa mère jusqu’à l’âge de 60 jours minimum. Une description de groupes sauvages ne constitue pas une formule d’élevage captif : les groupes mixtes exposent aux gestations répétées et conflits. Le critère des 60 jours est une proposition à concilier avec le développement individuel et la prévention des reproductions non voulues.
Illustration d’un octodon brun debout de profil, sur un fond vert.
Illustration par ValoniaArt

Aspect général

Tête

L’octodon doit avoir une tête assez forte par rapport au reste du corps, de forme globalement ovale.

Yeux
Gros plan d’un œil sombre d’octodon entouré de poils bruns et clairs.
Œil d’un Octodon degus – Photo par Michelle Loftus

Les yeux de l’octodon doivent être bien ouverts, de taille moyenne, avec une légère forme d’amande. L’iris doit être brun foncé, sans confondre la forme de l’ouverture des paupières avec celle de la pupille. L’octodon doit être exempt de maladies oculaires ou de défaut de vision.

Museau

Il doit être bien formé, avec des narines bien définies et une séparation verticale claire menant aux lèvres.

Dents

Les dents de l’octodon doivent être bien orangées, de taille égale et pas trop longues. Un antécédent dentaire justifie une prudence particulière pour la sélection, mais ne prouve pas une cause génétique. Des incisives orange ne garantissent pas la santé des dents jugales.

Vibrisses

Elles doivent être d’une longueur appropriée à la taille du corps (pas trop courtes) et assez fournies (pas trop clairsemées).

Oreilles

Les oreilles doivent être bien formées, arrondies, à poils courts et avec une échancrure. Les 3–4 cm du projet ne sont pas une norme anatomique universelle ; Woods et Boraker donnent 24–32 mm depuis l’échancrure pour les spécimens décrits. Les oreilles de l’octodon ne doivent pas être déformées ou tombantes ni montrer le moindre signe de maladie ni d’acarien.

Octodon au pelage clair, assis de profil sur une plateforme dans sa cage.
Corps d’un octodon degus

Corps

L’octodon doit disposer d’un corps légèrement bombé, arrondi. Ses membres doivent être intacts et fonctionnels, exempts de déformations. De même, il doit présenter une structure squelettique et corporelle sans déformation et une démarche normale. Le pelage doit être dépourvu d’acariens ou de calvitie ; il doit être sain et brillant, sans pour autant avoir un sébum excessif.

Pattes avant
Vue rapprochée de la paume, des doigts et des griffes d’une patte avant d’octodon.
Patte avant d’un octodon

Les pattes avant de l’octodon doivent avoir 4 doigts entiers et une trace d’un cinquième doigt, aucun de ces membres ne doit montrer de déformation. Les coussinets doivent être sains. De manière générale, les pattes doivent être couvertes de poils en dehors des surfaces normales des coussinets et ne présenter aucun acarien ou problème de peau.

Vue rapprochée des doigts, des griffes et des coussinets d’une patte arrière d’octodon.
Patte arrière d’un octodon
Pattes arrière

Les pattes arrière de l’octodon doivent avoir cinq doigts, dont le cinquième réduit, et ne présenter aucune déformation. Les coussinets doivent être sains. De manière générale, les pattes doivent être couvertes de poils en dehors des surfaces normales des coussinets et ne présenter aucune trace d’acarien ou de problème de peau.

Queue

Extrémités de deux queues d’octodons terminées par des toupets de poils sombres.
Queues d’octodon degus avec toupet

Le projet décrit une longueur de 12–15 cm, qui n’est pas une plage anatomique universelle ; les mesures publiées varient. Le projet prévoit un plumeau touffu et bien fourni. Les couleurs panachées sont admises, peu importe la robe.

Robes & Couleurs

Depuis quelques années, de nombreuses robes sont apparues via l’élevage. Celles-ci ont été obtenues grâce à des croisements, sélectionnant des variants, sans nécessairement créer de nouveaux gènes. Il faut faire attention de manière générale aux robes, qui sont souvent considérées comme « plus jolies » que la couleur originale de l’octodon, l’agouti, parce qu’elles peuvent cacher des problèmes importants. En effet, il est possible que la recherche de couleurs rares puisse s’appuyer sur des croisements consanguins ; un croisement au sein de l’espèce n’est pas une hybridation interspécifique. De plus, les octodons uniquement choisis sur un critère physique peuvent donner des lignées ayant de très nombreux soucis de santé, liés au manque de sélection dans l’élevage.

Agouti

Brindille, octodon femelle en fin de gestation, assise de face sur un tissu bleu.
Octodon degus agouti

Il s’agit de la couleur naturelle de l’octodon, au motif mêlant brun, noir et teintes plus claires ; la proportion 60%/40% n’est pas un rapport biologique universel établi. Des variations plus ou moins claires peuvent être admises. Il ne doit pas y avoir de traces de poils blancs, seulement tolérés sur les vibrisses et le toupet.

Champagne agouti

Souvent appelé mutation bleue, il s’agit d’une variation de l’agouti avec des poils plus bruns tirant vers la couleur crème, rendant les animaux un peu plus clairs. L’octodon ne doit pas être panaché. La couleur doit être uniforme.

Sable

Le pelage doit être de couleur presque rousse, orangée à la manière d’une citrouille, assez claire tout en portant quelques poils noirs, gardés de l’agouti, plus présents notamment autour du museau. Le reste du corps doit être uniforme.

Crème

Le nom décrit une robe claire ; la filiation génétique supposée avec le champagne agouti demande des données de lignée. Le pelage associe des teintes crème et sable, avec très peu de poils noirs. Globalement, la robe est très proche du sable, tout en étant beaucoup plus claire. La couleur doit se démarquer du sable et rester uniforme.

Bleu

Célestine, un octodon gris, se tient sur les pattes arrière près des barreaux.
Célestine, octodon degus gris – Photo par Lomano Gonzalez

L’origine adaptative supposée pour améliorer le camouflage n’est pas démontrée par les sources. Une relation génétique ou une histoire de sélection avec le noir nécessite des données de lignée, pas la seule apparence. La couleur bleue reste assez claire, mais plus marquée que le champagne agouti.

Noir

L’histoire de sélection à partir d’individus bleus foncés n’est pas établie comme règle génétique générale ; les octodons noirs sont recouverts d’une fourrure très foncée, de la tête aux pieds. Les parties sans poils, comme les oreilles, doivent également être noires ou foncées.

Blanc

Les sources citées ne permettent pas d’affirmer qu’aucun octodon albinos n’a jamais existé. Le panachage blanc et l’albinisme sont des phénomènes distincts. Les octodons blancs disposent de poils entièrement blancs, sans que la seule apparence permette d’établir le mécanisme génétique de dépigmentation. Les individus peuvent avoir des parties plus sombres, notamment autour des yeux, des oreilles et du bas du dos, tirant vers le gris/noir.

Lilas

Gris très clair, la robe doit également être uniforme et bien différenciée du bleu.

Panaché

L’octodon peut être panaché avec d’autres robes, c’est-à-dire présenter des taches blanches sur une robe « pleine ». Le panachage désigne des zones blanches sur une couleur de fond ; un fond agouti comporte lui-même plusieurs nuances.

Deux octodons marqués de blanc, serrés l’un contre l’autre sur une couverture sombre.
Deux octodons degus panachés agoutis – Photo par Michelle Loftus

Sources

Long, C. V. / Degutopia (s. d.). Agouti degu breed standard. Projet privé de critères de sélection, sans statut de consensus vétérinaire ni de registre officiel de race. https://www.degutopia.co.uk/degustandarda.htm

Woods, C. A., & Boraker, D. K. (1975). Octodon degus. Mammalian Species, 67, 1–5. https://doi.org/10.2307/3503820

Jekl, V., Hauptman, K., & Knotek, Z. (2011). Diseases in pet degus: a retrospective study in 300 animals. Journal of Small Animal Practice, 52(2), 107–112. https://doi.org/10.1111/j.1748-5827.2010.01028.x

Service Public / DILA (2026). Avoir un nouvel animal de compagnie (Nac) : quelles sont les règles ?. Informations officielles françaises, vérifiées le 16 octobre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34922

3 commentaires sur “Standard d’élevage de l’octodon degus”

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