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Octodon pacificus : redécouverte après 65 ans sur l’île Mocha

Les premiers spécimens ont été collectés en 1959, puis l’espèce a été décrite formellement par Rainer Hutterer en 1994. Un signalement publié en 2016 ne permet pas, à lui seul, de dater précisément la mort d’un individu ni d’affirmer qu’il s’agissait des derniers représentants vivants.

Octodon pacificus dans une boîte transparente posée sur l’herbe.
Octodon pacificus – Photo CONAF

Le 19 mars 2024, Julian Reyes García, chef de la section Conservation de la Diversité Biologique à la CONAF 1, accompagné d’étudiants chercheurs de l’Université du Chili, a capturé des Octodon pacificus vivants. Cette découverte exceptionnelle est le fruit d’une collaboration de plusieurs années entre ces deux institutions. Après analyse, il a été confirmé qu’il s’agissait bien de l’Octodon pacificus, une espèce strictement endémique de l’île Mocha.

Agent en uniforme tenant un octodon pacificus entre ses mains gantées de bleu.
Octodon pacificus – Photo CONAF

Un écosystème fragile et menacé

Les rongeurs jouent un rôle crucial dans la chaîne alimentaire et la préservation des écosystèmes où ils évoluent. Julian Reyes García précise que l’Octodon pacificus contribue activement à la dispersion des graines et au contrôle des populations de parasites. Selon lui, la présence de cette espèce rare témoigne de la bonne santé de l’écosystème local. La Réserve Nationale de l’île Mocha joue ainsi un rôle fondamental dans la protection de cet équilibre écologique fragile.

Plusieurs personnes réunies au sol autour de boîtes transparentes et de matériel de terrain.
Octodon pacificus – Photo CONAF

La redécouverte de l’Octodon pacificus ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche scientifique et la conservation. Paula Aravena, directrice du Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage, souligne que l’éducation du public est un enjeu majeur pour la protection de cette espèce. Beaucoup de personnes confondent encore les espèces locales avec des rongeurs exotiques ou nuisibles. Elle insiste sur l’importance de mettre en place des programmes de conservation efficaces pour les espèces menacées, dont l’Octodon pacificus fait partie.

De son côté, Flavio Espinoza, professeur à l’Université Catholique de la Santísima Concepción, propose l’élaboration de plans de gestion spécifiques pour l’Octodon pacificus. Ces plans incluraient la reproduction en captivité et la réintroduction contrôlée dans son habitat naturel afin de garantir la survie de l’espèce.

Les particularités évolutives de l’Octodon pacificus

Trois personnes debout en extérieur, celle du centre tenant une boîte transparente.
Octodon pacificus – Photo CONAF

L’Octodon pacificus présente des caractéristiques uniques par rapport à ses congénères continentaux, notamment un poids et une taille nettement supérieurs. Selon la théorie du gigantisme insulaire, certaines espèces développent des traits plus imposants lorsqu’elles colonisent des îles isolées. Les spécimens capturés sur l’île Mocha affichaient un poids moyen de 200 grammes, soit presque le double des octodons continentaux.

Ce retour inattendu de l’Octodon pacificus offre de nouvelles opportunités d’études sur le comportement social et l’évolution de l’espèce en milieu insulaire. Les chercheurs souhaitent notamment déterminer si, à l’instar de leurs homologues continentaux, ces rongeurs possèdent une structure sociale complexe et coopérative.

Cette redécouverte ouvre un vaste champ de recherches scientifiques sur l’Octodon pacificus : compréhension de son comportement, de son rôle écologique, et des moyens de le protéger efficacement. La Réserve Nationale de l’île Mocha s’impose désormais comme un site d’étude privilégié pour la préservation de la biodiversité unique de cette île chilienne.

Le retour de l’Octodon pacificus constitue un événement majeur pour la communauté scientifique et marque une étape décisive dans la conservation des espèces endémiques du Chili.

Traduit et adapté depuis : Diario Concepción. (9 avril 2024). Revelan inédita historia detrás del hallazgo del roedor extinto de la Isla Mocha.

CONAF a annoncé le 22 mars 2024 la capture de quatre individus vivants, examinés puis relâchés. Les comparaisons de taille concernent des animaux sauvages et ne doivent pas être généralisées aux octodons de compagnie. Les programmes de reproduction ou de réintroduction évoqués sont des pistes de gestion, et non des actions dont la mise en œuvre serait établie.

Sources

CONAF (2024). Después de 65 años encuentran al degú en la Reserva Nacional Isla Mocha. Communiqué de presse, 22 mars 2024. https://www.conaf.cl/despues-de-65-anos-encuentran-al-degu-en-la-reserva-nacional-isla-mocha/

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